Enfin, du monde qu’on connaît, c'est-à-dire grosso-modo, la France, un peu du Brésil, un tout petit peu d’Argentine, une partie de l’Equateur,
pas mal du Pérou et donc, le Bolivie.
C’est vraiment un pays extraordinaire, les paysages sont exceptionnels, très variés, les gens sont vraiment gentils, souriants et accueillants,
et la vie pas chère du tout. Si vous avez un voyage à faire, c’est bien en Bolivie qu’il faut aller. Le billet d’avion doit bien coûter un peu cher, mais une fois sur place, la vie, c‘est cadeau.
Je connais même certaines personnes qui y ont trouvé leur future épouse...
Après les quelques jours passés à Sucre, nous voilà partis dans l’extrême sud du pays, à Tupiza. Les 9 heures de bus local se passent
bien ; il y a pratiquement autant de places que de passagers, et nous arrivons à l’heure, vers minuit à destination. Le gros avantage d’arriver à minuit, c’est qu’on ne voit pas à quel point
l’hôtel qu’on a réservé n’est pas propre ; au moins, on passe une bonne première nuit.
Les alentours de Tupiza par eux-mêmes valent le déplacement ; on se croirait au Far-West (c’est d’ailleurs
près de Tupiza que Butch Cassidy et Sundance Kid, les célèbres bandits de westerns ont fini leur carrière – criblés de balles boliviennes), mais ce n’est pour nous que le point de départ
de l’excursion que nous attendons depuis longtemps : le désert de Sud-Lipez et le Salar d’Uyuni.
L’organisation est simple : un guide-chauffeur-mécanicien, une cuisinière, un 4x4, 5 touristes dans le 4x4 (ben, dans le nôtre, c’était nous) et 1500 km de pistes en 4 jours, dans des décors fabuleux et, ce qui rend le voyage si passionnant, extrêmement variés (oui, parce que 1500 bornes à voir toujours la même chose, même si c’est très beau, je sais pas si vous avez déjà essayé, mais à mon avis, ça lasse). La plupart des
tours dans le salar et le désert partent d’Uyuni. Nous avons choisi de partir de Tupiza, parce que d’une part, les décors que nous rencontreront seront de plus en plus beaux dans ce sens, et
d’autre part, il n’y a qu’une dizaine d’équipages par jour qui partent de Tupiza, alors que plus d’une soixantaine de 4x4 partent d’Uyuni.
Tout commence donc à Tupiza, où nous faisons connaissance avec Javier notre guide – 12 ans d’expérience, et Isabel, notre cuisinière – 10 ans
d’expérience. Dès la sortie de la ville, un 4x4 d’une autre agence s’arrête et demande à suivre notre guide car il ne connaît pas bien le chemin (on est bien
content d’avoir choisi notre agence !). On emprunte une piste qui suit le lit de la rivière (à sec) puis nous montons. Très vite, le panorama est splendide. On se croirait dans le
Colorado.
Javier s’arrête souvent pour nous permettre de mitrailler, mais malheureusement, les photos ne rendent pas bien la beauté de couleurs
(ben ouais, on est pas des pros de la photo).
Au bout de quelques heures, en atteignant les 4000 m d’altitude, nous tombons sur les premiers troupeaux de lamas, perdus au milieu de rien, et
sur les maisons en pisé (briques de terre cuite). Nous ne sommes pas encore entrés dans le Sud-Lipez, et déjà nous en avons pris plein les mirettes.
décor de western
mon ami Serge, le lama (à moins que ce ne soit Bernard)
maisons en pisé
Le premier soir, nous dormons dans un petit village et pouvons constater qu’en plus d’un bon guide, nous avons la chance d’avoir une bonne
cuisinière. Nous en profitons pour faire la connaissance d’autres voyageurs (les équipages s’arrêtant tous au même endroit), parmi lesquels 2 Français, Fabrice et Camille.
Le second jour sera encore plus riche, avec des lacs magnifiques, blancs, verts (la laguna verde), ou rouges (la laguna colorada), des flamants
roses, des montagnes muticolores, le désert de Dali (dont les couleurs ressemblent à un tableau de Salvador Dali), une piscine thermale naturelle et même des geysers. On ne sait pas où donner de
la tête ce jour-là, et on prend pas moins de 500 photos dans la journée (vive le numérique !).
Envol de flamants
Le guide-chauffeur-mécano remet la courroie d'alternateur en place
dehors, 10°C, dans l'eau, 38°C
la laguna verde et le volcan Licacanbur
la Yareta
le désert de Dali et un tableau de Dali
les geysers de sol de manana
Le troisième jour commencera par un grand moment d’émotion. Nous arrivons sur le mirador surplombant la laguna colorada et ses milliers de
flamants roses ; c’est tellement beau et c’est le bonheur absolu d’être là avec Carole et les enfants. On se sent vraiment privilégié d’être là. Je ne sais pas si c’est le froid (ça caille grave) où l’émotion, mais j’ai les yeux qui piquent. La balade continue avec d’autres lacs très différents, certains pleins de soufre, un autre de carbonate
de sodium, un autre plein de gorax, et toujours des multitudes de flamants roses. Voir ses animaux si gracieux se déplacer, voler librement est tout simplement magique ! Nous apercevrons
aussi des lamas bien sûr, mais aussi des vigognes, des viscachas (sorte de chinchillas ressemblant à un lapin), et même un condor (au moment où on écoutait
« El condor pasa »).
Nous verrons aussi des Yelatas, plantes très denses poussant sur des rochers, de 1 cm par an. Enfin, autre grand moment, nous nous sommes arrêté
le soir dans un hôtel de sel (murs et meubles en briques de sel) ; c’était vraiment surprenant et ça nous a beaucoup plu. Nous avons pu faire davantage connaissance avec nos nouveaux potes
Fabrice et Camille (mais si, tu es souriant Fabrice...
) qui nous ont laissé leur
surplus de médocs (encore merci à vous, les turistas à répétition avaient largement entamé nos stocks...).
un moment de grâce au-deus de la laguna colorada
l'arbre de pierre
une vigogne
les flamants, les flamants, les fla, les fla, les flamants
Paul nourrit un viscacha pas farouche
l'hôtel de sel
Enfin, le dernier jour, le clou du spectacle. Lever à 5h30 pour apprécier le lever du soleil sur le salar, une aire parfaitement plane, ou
plutôt, tellement plate, qu’on peut « voir » la courbure de la Terre (les reliefs apparaissent au fur et à mesure qu’on s’en approche). Nous prenons le ptit-dèj sur une île posée au
milieu de l’immensité de sel. Encore un moment magique. Puis, nous traversons le salar et nous arrêtons prendre les « fotos locas », les photos folles. C’est déjà fini pour le salar
d’Uyuni, nous rentrons vers Tupiza, et là encore, les paysages traversés sont différents et exceptionnels. Les 10 heures de voitures de cette journée seront finalement passés très vite ;
même les enfants ne se sont pas lassés – c’est dire...
Je souhaite à chacun de vous de pouvoir un jour venir dans ces endroits enchanteurs que sont le désert du Sud-Lipez et le Salar d’Uyuni. Nous
nous sommes sentis vraiment privilégiés ; peu de monde finalement au regard de la beauté du site, la chance d’être avec des accompagnateurs passionnés par leur pays et leur région, et une
excursion de 4 jours pour le prix d’une demi-journée de 4x4 en France.
Je pourrai vous en parler pendant des heures, évoquer le réchauffement climatique qui est ici palpable (il y a encore 5 ans tous les sommets
étaient couverts de neige toute l’année), vous parler de l’altitude, du vent, du froid, des pannes de voiture, de l'exploitation du sel, des connections internet catastrophiques à Uyuni et
Tupiza, mais je vais arrêter là pour vous permettre d’avoir cet article tout chaud au petit déjeuner.
PS : d'autres photos dans l'album Bolivie