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Détours d'Horizons

Une famille autour du monde
Préambule : dans ce premier chapitre de nos aventures au Tibet, il est probable que
malgré la beauté époustouflante des paysages traversés, la rudesse et la gentillesse
des habitants des hauts plateaux et la chance que nous avons d'être témoins de cette
culture richissime,seront évoqués ici ou là certains désagréments qui (à notre avis)
ne font qu'ajouter du piment à notre périple. D'avance pardon !
Kathmandou, jeudi 26 mai, 6 heures du mat. Le guide et son 4x4 sont
bien là. Nous embarquons direction la Chine. La partie népalaise du
voyage se passe bien, même si la route, empruntant des vallées
magnifiques, est globalement en sale état. Quelques check points de
la police émaillent le trajet, mais un simple bonjour de la main de notre guide suffit à faire lever les barrières.
Nous croisons bon nombre de bus locaux bondés tant à l'intérieur
que sur le toit. Mes vertèbres étant mises à rude épreuve dans notre
confortable véhicule, je n'ose penser aux passagers du bus !
Après 3 heures à ce régime, nous arrivons à la frontière. La sortie
du Népalse passe sans problème, un coup de tampon sur les passeports,
et zou !
Habituellement, quand vous traversez une frontière terrestre, vous
avez le poste de douane du pays d'où vous sortez, une zone d'une
à plusieurscentaines de mètres au milieu de laquelle se trouve la
« ligne frontière » et dans laquelle vous circulez librement jusqu'au
poste de douanes du pays vous souhaitez entrer. Ici, entre les 2 postes,
sur la ligne frontière côté chinois, 2 militaires nous accueillent avec en
guise de « Bienvenue dans l'Empire du Milieu », un contrôle minutieux
de nos passeports et de notre visa. Il m'a même demandé d'enlever mon
chapeau, mes lunettes de soleil et ma perruque. Nous sommes finalement
autorisés à faire nos premiers pas en Chine, jusqu'au poste de douane,
où un nouveau contrôle minutieux sera effectué (puisque je vous dis que ce
n'est pas une perruque...), nos sacs scannés 2 fois et fouillés (on a quand même
réussi à sauver notre Guide du Routard contenant une propagande occidentale abjecte).
Nous finissons par être autorisés définitivement à rentrer au Tibet, et
rencontrons le guide qui nous accompagnera pendant notre séjour (enfin,
quand je dis guide, je devrais dire plutôt accompagnateur, ou, si jétais parano, surveillant...).
Le 4x4 côté tibétain est en bon état, mais il n'a que 5 places et nous
sommes...7. Peu importe, nous sommes impatients de découvrir le Tibet. Nous déjeunons rapidement (nous venons subitement de passer de 11h15 à
14 h en quelques secondes) et attaquons la montée vers notre première
étape : Nyalam.
Nous montons de 1 800 m à 3 750 m d'altitude en 2 heures. La route est
en très bon état et entrecoupée de check points toujours aussi consciencieux
(arrêtez de tirer mes cheveux, je vous dis que c'est pas une perruque). Il n'y a pas de
délit de sale gueule en Chine, car à notre surprise, tout le monde est (sur)contrôlé de la même manière : étrangers, tibétains et han se plient
aux mêmes procédures.
Nous arrivons à destination de bonne heure, et allons faire un tour. Nous
rentrons vite à l'hôtel car le mal de l'altitude commence à se faire sentir.
Il se fera sentir toute la nuit surtout pour Carole qui aura mal à la tête et
Paul qui sera nauséeux toute la nuit.
Après la nuit dans une chambre sommaire mais propre, et sans douche
puisqu'il n'y en a pas (on était prévenu : pas de douche les 3 premiers jours, mais
comme nous avait dit le gars de l'agence : pas de problèmes, au-dessus de 4000 m, il n'y en a pas besoin...).
Nous repartons le lendemain pour une courte étape vers Tingri à
4 300 mètres.
L'intérêt de cet arrêt est de s'acclimater à l'altitude avant l'étape du
lendemain.La route emprunte des paysages sublimes et des villages
pittoresques de montagnes. Partout flottent les drapeaux de priere. Nous avons une petite émotion en apercevant nos premiers yaks et
au détour d'un virage, pour la première fois l'Everest.
A Tingri,Nous faisons une rapide ballade dans ce village fantôme de Far West et revenons nous reposer
à l'hôtel, car tout le monde est un peu patraque, surtout Paul dont
les nausées ne passent pas, ce qui nous inquiète un peu.
Nous partons le lendemain matin pour l'étape qui nous fait frissonner
depuis des jours : nous montons jusqu'à Ronbuk et le camp de base
de l'Everest. Nous quittons très vite la route asphaltée pour une piste nous rappelant
nos épopées andines. Tout au long de la route, le paysage sera à
couper le souffle.
Cela ressemble aux Andes, mais en 10 fois plus grand, 10 fois plus haut,
10 fois plus magique. Le ciel est dégagé (d'un bleu...), on aperçoit au
loin les géants himalayens, tels le Cho Oyu (je vous laisse chercher son
altitude) et l'Everest, semblant narguer les cieux. Nous arrivons au camp
de base où nous dormirons ce soir. Tiens, ça m'avait échappé qu'on allait
dormir sous la tente à 5 200 m d'altitude. En fait de tente, il s'agit d'une
espèce de yourte rectangulaire (surtout pour l'aménagement intérieur), dont le
revêtement extérieur est composé de 2 couches de plastique
(je connaissais le double vitrage, j'ai découvert le double plastiquage... Je ne saurais
que trop vous recommander de vous en tenir au double vitrage). La vue sur
l'Everest est extraordinaire ; on n'arrive pas à s'en dégager malgré le
froid. Paul est toujours mal ; aussi, il ne vient pas avec nous au camp 1
(à quelques 5 500 m, le top de notre tour du monde) et Mathilde préfère rester
avec lui. Nous montons donc avec Louis. En fait, l'endroit est gardé par
des militaires etnous avons le droit uniquement de descendre du
minibus, de prendre des photos à 100 m de là et d'attendre le minibus
du retour. J'aurais bien envie de monter jusqu'à un belvédère où la vue
doit être unique, mais la guide nous l'a interdit (on sais jamais, des fois qu'on
voudrait fuir vers le Népal à travers l'Everest...).
J'ai quand même envie de braver l'interdit mais me ravise lorsque
3 touristes Chinois intrépides l'ayant bravé se font récupérer par 2
soldats pas souriants et prennent le savon (et probablement l'amende)
de leur vie.
Nous discuterions bien avec les pasteurs tibétains présents avec leurs
troupeaux de yaks, mais la communication est plus que difficile.
Nous redescendons et visitons un monastère et rentrons sous la tente.
Nous nous couchons après avoir admirer le coucher de soleil sur
l'Everest (la classe mondiale !).
La nuit sera certainement la pire de notre voyage. Nous dormons
tous ensemble dans la pièce commune et Paul est toujours nauséeux.
Noussommes bien couverts et n'avons pas froid (du moins tant qu'on ne sort
pas 1 cm² depeaude notre duvet). Entre les nausées de Paul et le mal de
l'altitude qui me prend au milieu de la nuit et qui me donne un mal de crâne
terrible dès que je bouge un cil (heureusement, les yeux fermés, je n'ai pas
besoin de bouger un cil), j'arrive à dormir à peu près une demi-heure. Le lever est terrible.
Il fait moins 10 dehors, et 8 dedans ; dur de sortir du duvet... La récompense n'en est
que plus belle : un magnifique lever de soleil sur l'Everest.
Après un bon petit déj, nous repartons vers des altitudes plus
clémentes, mais ça, c'est une autre histoire...
PS 1 : nous sommes descendus depuis à 4000 mètres et Paul va bien
PS 2 : pardon pour la mise en page
PS 3 : vu comment je galere pour la mise en page, je renonce a inclure les photoa. Reportez vous a l'album "Chine"