Voilà un peu plus de sept mois que nous sommes rentrés. C’est sûrement le bon moment pour vous donner de vos nouvelles.
Qu’avons-nous fait pendant tout ce temps ?
L’été
Tout d’abord, nous avons pris des vacances. Ouais, je sais, vous vous dites « ceux-là, ils manquent pas d’air, ils partent un an en voyage et au retour... ils
prennent des vacances ! » (Si, si, pas le peine de nier, je vous ai entendus). Ben oui, on est arrivés un brin fatigués. En plus, notre maison étant en
location pour l’été, alors nous en avons profité pour retrouver la famille et les copains... et nous réacclimater à la vie à la française. Bref, deux mois d’apéros, de barbecues, de farniente,
avec en point d’orgue, les fêtes de Bayonne. Tranquille. Il a juste fallu se réhabituer à l’océan à 18°... Et puis j’ai essayé de commencer à écrire un bouquin, mais bon, au bout de 4 pages, je
me suis dit que ça n’intéresserait personne.
La rentrée
Nous avons repris possession de notre maison 10 jours avant la rentrée scolaire (merci à tous les locataires de nous l’avoir rendue
en bon état). Il a donc fallu récupérer les cartons éparpillés en plusieurs endroits. Incroyable la sensation que ça fait de retrouver 40 cartons de fringues, articles de cuisine, ordis,
alors que notre vie a tenu dans 5 sacs à dos pendant un an. On se dit qu’on est en pleine gabegie, que vraiment, on pourrait faire avec beaucoup moins, que pour nous, merci bien, la société de
sur-consommation c’est terminé... mais que c’est bon de se faire un café Nespresso (what else ?). Pour faire court, on avait beau n’avoir besoin de rien, on a vite repris nos bonnes vieilles
habitudes de confort à l’occidentale.
Nous voilà donc parés pour la rentrée scolaire. Pour les grands, pas de difficultés particulières. Même si le jour de la rentrée, à la fin de l’appel, Louis se
retrouve seul (l’administration avait oublié de l’inscrire sur les listes), si Mathilde découvre le lycée, l’adaptation se fait très vite et les résultats
scolaires suivent.
Pour Paul, c’est beaucoup plus compliqué. D’abord, il découvre l’école primaire et ses rythmes différents de l’école maternelle. Ensuite, il a beaucoup de mal à
suivre ce que demande la maîtresse. Nous mettons d’abord cela sur le compte de la différence de pédagogie entre ce que nous avons fait durant le voyage et ce que demande la maîtresse. Mais il
faut se rendre à l’évidence, le choses ne s’arrangent pas en quelques semaines. Il semble que Paul fasse « un blocage ». Pourtant, il met de la volonté pour y arriver. C’est alors qu’on
s’aperçoit que Paul a été angoissé par le voyage, plus qu’on aurait pu le supposer, et que notre situation l’inquiète (ne nous voyant pas repartir travailler, il
nous propose sa tirelire pour acheter à manger). Nous discutons beaucoup avec lui et d’un coup après avoir stagné pendant trois mois, ses progrès deviennent fulgurants à partir du mois de
décembre, est-ce le résultat de l’aide scolaire, de notre situation professionnelle qui évolue favorablement, au naturopathe ? en tout cas, à notre grand soulagement, tout s’améliore.
Quant à nous, nous réfléchissons à notre avenir professionnel. Qu’avons-nous envie de faire ? Pour Carole, c’est faire exactement ce qu’elle ne faisait pas avant.
Pour moi, c’est créer ou reprendre une entreprise. Etant entendu que personne ne nous attend, les premiers contacts sont assez difficiles et négatifs que ce soit pour Carole ou moi. La prise de
contact avec Pôle Emploi est un grand moment. Autant dire que le moral n’est pas au top pour les parents. D’autant que durant cette période de flottement (qui a
duré environ 2 semaines en septembre), on (enfin, surtout moi) commence à ressentir une certaine nostalgie du voyage. Pour m’occuper, j’édite des
livres photos du voyage... ce qui accentue mon cafard. Le paroxysme est atteint vers le 20 septembre, où je ne lâche pas la Wii de la journée (je vous pète tous à
MarioKart), la dépression est proche. Heureusement, comme souvent, ma chère et tendre me secoue pour me sortir de ma léthargie. Et ça marche...
L’automne
L’automne démarre de la meilleure des manières : je trouve une entreprise à vendre. Et là, vous n’allez pas me croire, lors de mon premier rendez-vous, j’explique
au cédant que je rentre d’un tour du monde et que je souhaite racheter une entreprise, et lui m’explique qu’il souhaite vendre son entreprise... pour partir faire un tour du monde. On était fait
pour s’entendre, et après quelques discussions, on s’entend. Du coup pour Carole, les choses se décantent aussi sur le plan professionnel. La femme du cédant travaille avec lui, et va le suivre
en voyage. Nous travaillerons donc ensemble avec Carole.
Je profite aussi de l’automne pour faire quelques missions en tant qu’auto-entrepreneur sur Paris. Je suis hébergé chez mon pote Kasmir, chez qui on fait bombance.
Apéro (sérieux) tous les soirs, plateau de fromage tous les soirs avec baguette parisienne (y a pas à dire, pour les
baguettes, les boulangers parisiens, c’est vraiment les meilleurs), théâtre, cinoche, la belle vie. Je rentre de la capitale avec un peu d’argent... et 6 kilos (au bas mot) dans la musette. Une excellente cure pour le moral (merci au passage à Kasmir et Charu).
Les Fêtes (de fin d’année)
Nous avons retrouvé le plaisir de passer les fêtes de Noël dans le froid, avec moult pères Noël devant les magasins, des lumières partout, le sapin à la maisonet
les cadeaux au pied du sapin, bref, l’esprit de Noël. Fêtes qui auraient pu être plus sereines si nous avions reçu les accords définitifs des banques pour le financement de notre opération avant,
mais bon, nous avons prié pour que le directeur de la banque ne se fasse pas happer par un requin pendant une sortie en plongée, ou qu’il ne se prenne une balle dans l’œil sur le trou n°14 du
golf de son hôtel des Seychelles.
Mais de belles fêtes tout de même, ponctuées par la visite des Boutot, qui nous avaient hébergé un an plus tôt à Raiatea.
Le début de l’année 2012
En ce début de la dernière année du calendrier maya, les choses se sont (enfin) accélérées. Lorsque vous achetez une entreprise, il y a d’abord 2 interlocuteurs, le
vendeur, et l’acheteur. Et discuter à deux, c’est assez facile. Nous nous étions mis d’accord en deux semaines, mi-novembre. Mais après, tout se complique : les banques et, surtout, les avocats
entrent en piste, et vous rendent des choses à priori simples, très compliquées (en même temps, pour les avocats, c’est un minimum s’ils veulent justifier leurs
honoraires). Du coup, alors que nous espérions signer le rachat de l’entreprise fin décembre, et repartir au boulot début janvier, nous sommes allés de report en report (bon ok, il faut un peu de temps pour rédiger les 2 142 pages du protocole) pour finalement signer le 20 janvier et effectuer notre rentrée des classes il y a une
semaine, le 23 janvier.
Nous voilà donc embarqués dans une nouvelle aventure, que nous allons partager avec Carole, et, indirectement, les enfants, et qui sera aussi exaltante que le tour
du monde. (Pour ceux qui veulent savoir, nous avons acheté une entreprise de construction métallique de 20 personnes près de chez nous).
Les enfants quant à eux, sont rassurés de nous revoir partir au boulot le matin. Je crois qu’ils en avaient marre d’avoir une vie « atypique ».
Que nous reste-t-il du voyage ?
C’est assez difficile à dire, et chacun de nous cinq en a une perception qui lui est propre. En ce qui me concerne, j’ai l’impression de l’avoir rêvé. Comme s’il
n’avait jamais existé, que la parenthèse s’était refermée sur un fantasme. Heureusement, les photos, le blog et les personnes rencontrées avec qui nous avons gardé le contact ainsi que les
conversations avec les amis ici sont là pour nous rappeler à quel point cette aventure extraordinaire a bien été réelle.
En tout cas, nous avons tous pris goût au voyage, et il nous tarde le prochain, même s’il sera bien évidemment beaucoup plus court, et pas pour tout de suite (sauf
pour Mathilde qui part au Sénégal pendant les vacances de février).
Sommes-nous changés par ce voyage ? difficile à dire aussi, nos proches seront certainement plus à même de le dire. On a vite repris nos (mauvaises ?) habitudes de citoyen français, jouissant sans vergogne du confort et du superflu que la société de consommation nous apporte. Peut-être avons-nous plus de
recul par rapport à ce qui se dit dans l’actualité, notamment par rapport à la crise. Peut-être ne sommes nous pas inquiets de perdre un peu de qualité de vie, parce que convaincus que nous
pouvons faire avec beaucoup moins.
En guise de conclusion, s’il y a une chose dont nous sommes certains, c’est que la volonté peut renverser les montagnes, que rien n’est impossible, et que chacun
peut réaliser ses rêves, que c’est simplement une question de choix, à faire, puis à assumer.
Nous vous souhaitons de réaliser les vôtres, en 2012 et après...
